I - Immigrée en moi-même
Conçue en Afrique,
Née en Belgique,
"Construite" au Brésil
Retour en Belgique
Environnement exceptionnel
Père artiste
Chercheurs scientifiques
Philosophes
Mon époux et toutes les personnes de qualité, amies, proches ou passantes, qui ont la gentillesse de m'enrichir à leur contact.
Si j'ai choisi l'art comme métier, c'est parce qu'il est le seul à pouvoir transmettre sans trahir une intuition d'ordre métaphysique ou autre.
J'aurais également souhaité embrasser la carrière scientifique, en recherche pure, où je me serais développée avec le même plaisir mais peut-être pas avec la même satisfaction. Une grande part de nos amis est constituée de chercheurs. Nous avons été et sommes encore souvent informés, bien avant les autres, des dernières découvertes émanant des différentes facultés scientifiques, nous en discutons avec passion.
II – Ce qui me préoccupe
La différence entre la Vie et nôtre vie
La Vie a-t-elle une morale ?
Comment faire coïncider sa morale avec la nôtre ? Comment acheminer la paix dans les âmes qui souffrent ? Comment verbaliser la foi en l'homme qui génère en moi un grand malaise, tant nous sommes souvent éloignés de nous-même ? Qu'est-ce qui nous échappe ?
L'Utopie d'hier n'est-elle pas le possible d'aujourd'hui ?
Les thèmes récurrents de ma peinture : La naissance spirituelle ou le « levé » et « l'agir », Tout le monde naît, mais peu de gens naissent à eux-mêmes.
Ou : tous les hommes meurent un jour, peu d'entre eux arrivent à vivre vraiment.
Je veux vivre mon odyssée en conscience, accomplir mes gestes par choix et non par dépit.
Le choix, la conscience et l'amour sont mes outils.
III - Les moyens
Outre les moyens socio-politiques et religieux que je laisse à d'autres, ma fonction d'artiste semble me diriger vers les moyens simples de l'homme.
Le changement intérieur est la résultante d'une philosophie à laquelle je fais place dans toutes mes démarches.
Les moyens sont :
1- La peinture en qualité de profession :
Jung, Thot, le Christ et Moi : sans vouloir me prendre au sérieux, mais prendre ce que je fais au sérieux. Mon principal souci est d'obtenir des tableaux lisibles dans deux symboliques différentes : l'une culturelle, l'autre intuitive. La première relève du matériel au service du spirituel, elle a l'avantage d'être facilement décodable par l'initié, mais a aussi le handicape d'être limitée à une culture. Alors que la symbolique intuitive émerge de notre mémoire collective, met nos archétypes les plus profonds en évidence et s'adresse à notre subconscient. Comme tout un chacun, je suis envahie d'idées inconciliables, j'utilise le lâcher-prise pour que quelque chose m'échappe et ce en pleine connaissance de cause... Ma recherche picturale et philosophique est l'universalité des codes.
Mes abstractions sont des réponses aux questions que mon conscient ne peut résoudre.
2- L'art dans les écoles maternelles et primaires est un moyen de participer au développement durable, en faisant prendre conscience aux enfants de l'existence en eux d'un ressenti instinctif, sur lequel ils devraient pouvoir s'appuyer en cas d'hésitation lors des choix que leur présentera la vie.
3- Les conférences et les tables de discussion
Les conférences, destinées à démonter nos préjugés, sont le soutien de tables de discussion mettant des scientifiques en rapport direct avec les gens.
Ce qui généra les conférences est le constat d'un grand préjugé au sujet de l'ombre et de la lumière.
J'ai pu constater en dessin que l'ombre est transparente et la lumière opaque, l'ombre laisse apparaître toute chose, alors que la lumière les annihile.
La lumière nous aveugle, alors que l'ombre apaise. Le préjugé réside dans le fait de confondre cette ombre avec l'obscur. Ce qui a pour résultat des dessins sans contrastes et pâlots à l'image de notre investissement dans la vie courante.
L'ombre qui nous fait peur, et que nous rejetons, non seulement peut nous apaiser, mais a pour fonction première de mettre en évidence la lumière.
La lumière sans l'ombre n'est rien. Il en va de même de notre vie.
Si nous pouvons démonter un préjugé qui affaiblit l'œuvre en osant les contrastes, pourquoi ne pas le faire au sujet des préjugés qui affadissent notre engagement dans la vie. Vu que j'ai tendance à établir un parallèle avec la religion, je demanderais donc qu'on réfléchisse à ce que nous avons fait de Dieu, mais surtout à l'espace que nous avons réservé au Diable Lucifer. Au début, comme son nom l'indique, Il est l'illustre personnage responsable d'apporter et même de porter la lumière, c'est à dire la Connaissance.
Notre esprit est dirigé par de grands principes que l'on considère très honorables, tels que la lutte du bien contre le mal. Je constate que ce sont ces mêmes grands principes qui nous bloquent. Ce n'est pas tant le fait de se sentir seul dans l'action qui inhibe l'homme sensé, que de ne pouvoir se concevoir en « agissant le mal » : on ne se conçoit que mû par le bien, ou en victime du mal. Ce qui est choquant à première vue
Or « Faire le bien ne se fait pas sans mal ». Aimer vraiment, c'est aimer les gens jusqu'à s'en faire haïr s'il le faut. Sagesse et amour ne sous-entendent pas tiédeur.
4- Les cours de dessin :
Nous avons deux jambes : or notre société semble vouloir progresser à cloche-pied sur l'une d'elles, soit exclusivement par l'analytique, soit uniquement par le ressenti. Cette scission de conception élimine la progression équilibrée.
Ce qui me motive à donner cours de dessin est que tout le monde a droit à l'expression, y compris ceux qui ont besoin de bases pour pouvoir exprimer librement leurs ressentis.
Ma méthode est simple : l'amour de l'élève. Développer son adaptation à le mener là où il veut aller... LUI. Ainsi s'exprime le moteur de mes cours de dessin
Lors de chacune des expositions de leurs œuvres, la question du public est la même : Où sont donc les travaux d'élèves ? Lorsque l'on sait que les cours ont débuté il y a 1 an et 6 mois, en ce mois d'août 2005, avec des élèves qui n'avaient jamais tenu crayons ou pinceaux en main, cela prouve que baser un enseignement sur la philosophie pour induire une technique est porteuse, au-delà de mes espérences. Mais ceci est une autre histoire.
5 – La relation aux autres : Je ne vis pas que professionnellement, tout me construit, en particulier le rapport aux autres.
6- La combativité : ou comment magnifier ce par quoi on périt, sans en périr.
A se construire en réaction contre quelque chose, on n'existe que par cette chose.
Alors que si on se construit en harmonie avec son moi profond, la chose n'existe plus et perd donc toute influence.
La combativité ne devient plus un but, mais un outil d'équilibre et de composition.
L'intervention incessante de mon époux à ce sujet me ramène à moi-même.
IV – Mon constat
Nous ne créons rien...
Sans me retrancher derrière cette évidence, je constate que nous sommes ce que la Vie nous consent à vivre.
Nous ne créons rien, nous réalisons seulement les limites du possible.
Je voudrais que la quête de cette réalisation ne soit plus un but en soi, mais seulement un moyen de servir un dessein plus vaste que le nôtre.
Final :
Ce qui est merveilleux c'est que nous sommes à l'Univers, ce qu'est l'art abstrait au peintre, c'est à dire ce qui lui échappe.
V - Je suis l'œuvre d'un homme
et comme toute œuvre, j'échappe à mon révélateur
Vivre en artiste n'est pas facile ; notre devoir, et non notre privilège, est de faire ce que bon nous semble pour l'intérêt de notre société, et dans ce seul et unique but, mais vivre en compagnie d'un artiste n'est pas aisé non plus.
J'aimerais rendre hommage à mon époux à ce sujet dans le sens où, en fin de compte, sans le garde-âme qu'il représente, la philosophe qui est en moi ne pourrait ni « lâcher prise » sans risquer de se perdre, ni descendre et séjourner aussi profondément en elle.
Sans lui mes peintures ne seraient pas ce qu'elles sont.
Il est gémeau jusqu'au bout des ongles ; il aime les rendez-vous de presse, les interviews et les directions de débats. Il aime créer, il a un cerveau en perpétuelle ébullition, il défendra toujours les causes les plus diverses.
Il a des moments d'abattement cyclopéens, comme tous les gémeaux, mais...
C'est un homme qui ne parle pas de problèmes mais de solutions.
C'est un homme qui se lève lorsque quelque chose est à faire, tant sur le plan culturel que social. Il ne proteste pas derrière de belles assiettes bien garnies au cours de réunions peuplées de gens à qui on n'a pas donné les moyens d'appliquer les solutions aux problèmes du monde.
Ma fierté est de lui avoir appris à ne pas les mépriser...
Ou presque...
Sa fougue entrepreneuriale rencontre bien des soucis de tout ordre.
Et entre toutes ses activités « guerrières », il n'a qu'un seul objectif obsessionnel : Moi !
Pas uniquement mon succès professionnel, mais surtout, et avant tout, mon accomplissement.
En général, ce sont les femmes qui font les hommes.
Je veux témoigner ici qu'il y a désormais une race de vrais Hommes, qui font des femmes épanouies et qui n'ont d'autres buts.
Ils peuvent dire « oui » ou « non » lorsqu'une voie pourrait ne pas convenir.
Mon époux aime briller, il affectionne d'être le point de mire de toute assemblée. Il n'a cependant d'autre objectif que de se mettre au second plan, pour me placer en permanence sous le feu des projecteurs.
Je sais ce que cela lui coûte mais telle est sa volonté.
Mon épanouissement est sa fierté et son bonheur.
Gémeau également, mon vécu ne m'a pas préparée à tenir des responsabilités d'avant plan et à abattre des montagnes. Je remercie mon mari d'aviver mon devenir. Je me reconnais guerrière, pour défendre, pour construire, pour aimer.
Ma vie aujourd'hui a moins de valeur que la tienne demain.
Depuis 27 ans de vie commune, je puis dire que jamais, « mon » Michel et moi, n'avons eu une conversation ou des préoccupations futiles.
L'homme est un animal de meute, c'est alors qu'il est puissant. Dans cette meute, nous voulons tenir la place qui est la nôtre, et la meute nous le rend bien.
A la moindre difficulté, qu'elle soit financière ou d'un autre ordre, elle nous aide et nous protège.
L'homme est bon, mon époux m'a appris à en témoigner. Le mal est bel et bien présent partout, mon il m'a initié à le contrer, et ce combat est très loin d'être gagné, peut-être même pourrait-il être perdu.
Il y a un temps pour les guerriers et un temps pour les pacifistes.
Oui, je suis l'œuvre d'un homme, qui n'est autre, dit-il, que l'émanation de la meute de ceux à qui on a donné la « bonne » éducation : cela lui impose des devoirs et des obligations, quitte à en subir les conséquences.
Il aime citer la parole de Saint-Juste, personnage révolutionnaire à qui bien des amis le compare aisément : Pour ceux qui veulent changer la société, la seule issue est le tombeau.
Cet homme qui n'a peur que de lui-même fit, fait et fera encore longtemps, j'espère, le bonheur des gens de bien et provoquera les pires cauchemars aux gens bornés.
Je suis fière de son rêve : La fin d'une société d'assisté pour en arriver à une société de solidarité.
Moi, Carole, son épouse
Notre peur la plus profonde n'est pas d'être inapte. Elle est que nous puissions être dotés d'un pouvoir sans commune mesure. C'est notre clarté et non pas nos zones d'ombres qui nous effraye. On n'apporte rien au monde en se dévalorisant, il n'est pas éclairé de se faire plus petit, simplement pour rassurer les autres autour de nous. Nous sommes tous conçus pour briller, ce n'est pas le privilège de quelques-uns uns, c'est celui de tous. En laissant briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres le pouvoir d'en faire autant. Si nous nous libérons de notre propre peur, notre présence seule pourra aussi libérer les autres.
Auteur inconnu pour l'instant...
